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Un habitant de Puteaux, Promouvoir la gestion de la ville de Puteaux par l'équipe municipale dirigée par Joëlle CECCALDI-RAYNAUD. Le WebMaster et ami: Philippe Coudeyrat

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DEVONS NOUS FERMER LES BLOCS OPERATOIRES DE CERTAINS HOPITAUX ?

 

Point de Vue

Puteaux horizon 2008: Devons nous fermer certains blocs opératoires des hôpitaux qui pratiquent moins de 2000 interventions par an comme le recommande l'Académie de chirurgie ?

Cette recommandation n'est pas encore prise par le Ministère de la Santé du fait que ces fermetures généreraient un tollé des forces de gauche, de l'ensemble des syndicats , du personnel hospitalier dans sa majorité , de l'opinion publique, et pourtant il faut que nos politiques aient le courage de faire appliquer ces "recommandations" qui ne vont pas à l'encontre des patients comme on pourrait le croire au prime abord,

Cette recommandation est faite dans l'intérêt des patients, leur vie en dépend et je m'associe pleinement à cette recommandation courageuse de l'Académie de chirurgie.

Le constat est accablant pour les petits hôpitaux qui ne peuventcoller aux évolutions technologiques de plus en plus sophistiquées.

Le manque de motivation, l'application de la loi sur les 35heures, le manque de budget des petits hôpitaux qui ne peuvent supporter financièrement les  structures lourdes d'un bloc opératoire tant sur le plan du matériel que sur le plan humain font que ces structures doivent disparaître au profit de grands centres hospitaliers qui peuvent répondre aux exigences des interventions notamment dans le cadre des opérations liées à des problèmes cardi-vasculaires . 

Dans un excellent article paru dans le figaro le Professeur Deloche explique pourquoi il faut fermer "ces blocs opératoires" dans les petits hôpitaux , j'espère que nos politiques et le gouvernement prendra ses responsabilités, la vie des français en dépend.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR VÉRONIQUE GROUSSET
[17 septembre 2005]

Dans un ouvrage autobiographique qui paraîtra le 22 septembre, le professeur Alain Deloche multiplie les signaux d'alerte face au manque de chirurgiens que connaîtra la France dans cinq ans. Et défend une certaine idée de la médecine opératoire. Chef du pôle cardiovasculaire de l'Hôpital européen Georges-Pompidou, cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, il est le président de la Chaîne de l'espoir.

Le Figaro Magazine - Pourquoi faudrait-il fermer les petites unités ?


Pr Alain Deloche - Parce que la chirurgie a évolué. Lorsque j'étais interne, au début des années 60, la proximité était synonyme de sécurité : les moyens étant partout les mêmes, mieux valait aller au plus près. Tandis que quarante ans plus tard, avec la spécialisation de la chirurgie et les progrès technologiques, ça n'est plus vrai. Une prise en charge correcte suppose un plateau technique - qui représente pas loin de 80 personnes - et un scanner «H24». Avec un seul chirurgien de garde, qui se trouve parfois déjà au bloc, et qui n'est pas forcément spécialisé dans le problème qui survient, les petits hôpitaux n'offrent plus assez de sécurité ; cela devient dangereux. Mais le problème est surtout pédagogique : il faudrait que les gens comprennent que la fermeture d'un bloc ne signifie pas celle de l'hôpital, et que s'ils font 30 kilomètres pour aller dans une grande surface, il n'est pas anormal de leur demander d'en faire autant pour être bien soignés...

Y a-t-il assez de chirurgiens compétents ?

Ça n'est pas une question de compétence, mais d'effectifs. Les chiffres parlent d'eux-mêmes : pour toute l'Ile-de-France, nous n'avons actuellement que 4 ou 5 internes en formation qui se destinent à la chirurgie. Et parmi eux, un seul - un seul ! - à la chirurgie cardiovasculaire. Si on ajoute que, dans cinq ans, il y aura un départ massif de chirurgiens à la retraite, nous ne sommes pas sûrs de pouvoir en remplacer plus de 1 sur 5.

D'où vient cette désaffection ?


De tout un ensemble de choses : les revenus, les horaires, les risques, la judiciarisation... Je crois qu'au total nous souffrons d'être enfermés dans un carcan de lois et de contraintes. Personnellement, je vis très mal la loi sur le repos obligatoire et les 48 heures maximum de travail par semaine. Je constate d'ailleurs que les plus brillants de nos jeunes chirurgiens, formés par nous - et très bien -, partent à Londres, à Singapour, à New York, parce qu'ils peuvent y travailler autant qu'ils le veulent, dans de meilleures conditions, bien plus valorisantes, avec des infirmières qui ne prennent pas le vendredi «off» à cause des 35 heures et des internes qui ne rechignent pas à venir le samedi ! Ce qui ne m'empêche pas de savoir, bien entendu, que pour la plupart des jeunes, toutes ces lois, ça n'est pas encore assez... On ne peut même pas parler de crise des vocations, parce que le mot «vocation» ne s'emploie plus. J'entends sans arrêt dire autour de moi : «C'est pas une vie.» Le métier ne fait plus rêver. Le chirurgien n'est plus reconnu : neuf fois sur dix, le patient ne connaît même pas le nom de celui qui l'a sauvé.


Peut-on revenir sur ces évolutions ?

Non, on ne peut pas. Mais rien n'interdit d'en mesurer les conséquences. Il faut savoir, par exemple, qu'à cause des 35 heures les hôpitaux n'opèrent déjà plus le vendredi après-midi... Parfois même, pour certains, toute la journée du vendredi, alors que la sécurité repose sur la permanence des soins ! Savoir aussi qu'à Londres, un chirurgien gagne trois fois plus qu'à Paris. Une question qui mérite un débat national, sinon, dans dix ans, il ne faudra pas s'étonner si tous les services d'urgences ont besoin d'interprètes pour discuter avec leurs chirurgiens. Dans mon service, j'ai déjà plus de résidents étrangers que de Français.


En quoi l'aide que vous apportez à l'ouverture d'un hôpital à Kaboul, en Afghanistan, peut-elle contribuer à l'amélioration du service rendu par l'hôpital en France ?


Parce que l'un sert les autres, et réciproquement. Quand l'une de mes jeunes infirmières part en former d'autres en Afghanistan pour un mois, j'en suis toujours heureux. Je sais que cela ne sera pas du temps perdu pour elle et pour ses malades. Toutes en rapportent du savoir, et une nouvelle mentalité. Ici on soigne, là-bas on sauve. L'humanitaire permet aux soignants de comprendre qu'ils sont indispensables, et de relativiser tous les problèmes. Ils découvrent le côté, l'indispensable côté humain de leur métier. Celui que je ne désespère pas de voir revenir en force ici.

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