Un habitant de Puteaux, Promouvoir la gestion de la ville de Puteaux par l'équipe municipale dirigée par Joëlle CECCALDI-RAYNAUD. Le WebMaster et ami: Philippe Coudeyrat
| | uel bilan faites-vous des cent jours du gouvernement auquel vous appartenez ? Un gros travail a été engagé même si je n'ai pas la fascination des anniversaires ni des dates. En tant que président de l'UMP, j'ai fait le choix politique de participer au gouvernement. Je ne le regrette pas. C'est un travail utile et le fait que le président du principal parti de la majorité en fasse partie est un gage d'unité pour cette majorité. C'était le choix nécessaire. |
Selon vous, le gouvernement avance-t-il dans le bon sens et à une vitesse suffisante ?
Il fait le maximum dans le cadre des marges de manoeuvre qui sont les siennes. Le débat sur le rythme et l'ampleur des réformes a eu lieu dès avant 2002. Je pensais qu'il fallait un projet pour gagner l'élection présidentielle. Je le pensais hier. J'en suis plus convaincu encore aujourd'hui.
Ensuite se sont produits le choc du 21 avril 2002, le séisme d'avril 2004 quand la majorité a perdu vingt régions sur vingt-deux, et enfin, le vote des Français au référendum et la victoire du non. Les réponses à ces trois crises politiques n'ont pas encore été apportées. Dans ces conditions, la question du rythme et de l'importance des réformes reste l'un des enjeux de la présidentielle de 2007. Je suis convaincu que la France n'est pas réactionnaire et que les Français espèrent un changement profond dans la façon de concevoir la politique.
Vous prônez la rupture avec les politiques menées depuis trente ans. Concrètement, en quoi consiste-t-elle ?
La rupture, c'est un discours de vérité : regarder la France telle qu'elle est, non pas telle qu'on voudrait qu'elle soit, telle qu'on la rêve. Le statut d'un pays n'est pas seulement fonction de son histoire mais des efforts qu'il fait pour mériter ce statut.
La France ne peut s'exonérer des efforts qu'ont faits les autres pays. Notre système d'intégration est en panne, notre économie perd de la compétitivité, notre ascenseur social fonctionne moins bien qu'il y a cinquante ans. Depuis que j'ai lancé moi-même ce débat, plus personne ne considère que la réalité sociale de notre pays soit conforme à son idéal.
Nous ne pouvons nous abstenir de regarder ce qui marche ailleurs : la Finlande est parvenue à remettre les seniors au travail, aux Pays-Bas moins de 5 % des jeunes sont au chômage, la Grande-Bretagne est en situation de plein emploi. Il n'y a aucune raison pour que la France n'y parvienne pas. Qui pourrait me reprocher de souhaiter le meilleur pour la France ?
En Allemagne, la candidate de la CDU, Angela Merkel, pourrait devenir chancelier, le 18 septembre prochain. Elle propose des réformes économiques radicales. Etes-vous prêt à aller aussi loin qu'elle ?
Je m'inscris en faux contre le mot de "radical". Il porte en soi la notion d'excès. Or c'est parce que la réforme vient à temps qu'elle ne sera pas radicale. On ne peut vouloir l'Europe, parler de la gémellité entre l'Allemagne et la France et considérer que l'on pourrait être sur un rythme de réforme différent.
La Cour suprême allemande a décidé depuis longtemps que les Allemands ne devaient pas payer plus qu'un certain niveau d'impôt. Comment imaginer que la France puisse s'exonérer d'une règle qui concerne 82 millions d'Allemands ?
C'est la raison pour laquelle je propose qu'aucun Français ne paye en impôt plus de 50 % des revenus de son travail et que cet objectif ait une valeur constitutionnelle.
Cela ne suppose-t-il pas de rompre avec un certain niveau de solidarité ?
C'est tout l'inverse. Qui peut affirmer qu'on peut rester avec le système social le plus généreux du monde et les contreparties les plus faibles ? Ne pas imposer un minimum d'activité à quelqu'un qui bénéficie d'un minimum social ce n'est pas un acquis social, c'est une erreur doublée d'une lâcheté. Ne pas imposer qu'après un certain nombre de refus d'un emploi, un chômeur garde tous ses avantages, c'est une erreur doublée d'une même lâcheté. Il faut assurer aux Français qui travaillent et qui financent le système que celui qui en bénéficie fait des efforts pour s'en sortir.
Mais que faire de ceux qui sont les "largués" du système ?
Les aider massivement pour qu'eux aussi puissent réussir. Il faut rendre la réussite accessible à tous ceux qui la méritent. Elle n'est pas un dû qu'on vient chercher à un guichet mais un droit que l'on obtient par son travail. C'est cela le nouveau modèle français que j'appelle de mes voeux et c'est cela qui créera la richesse collective dont nous avons besoin.Prenons l'exemple de la prime pour l'emploi ? C'est une bonne idée, une bonne mesure. Mais faut-il donner 25 euros à 8 millions de personnes ou davantage à moins de gens ? Le problème est que la France refuse de faire des choix. Je crois qu'il faut être capable de donner plus à celui qui a moins et qui cumule le plus de handicaps. Cela s'appelle la discrimination positive à la française.
On dit pourtant que la France est rétive aux réformes et que le risque de blocage est réel...
C'est faux. C'est parce que l'on a trop souvent fait des réformes à doses homéopathiques qu'on en a tous les inconvénients sans les avantages. La France n'est pas réactionnaire. Nos compatriotes ne craignent pas le changement, ils l'attendent.
L'avenir est devenu une menace alors qu'il était une espérance. Une société qui vit avec cette impression ne peut être une société de croissance. Or, la question économique n'est pas uniquement celle de la distribution des richesses mais aussi celle de leur création.
Ces discours sur la solidarité nationale, sur la politique sociale, sont devenus vides de sens puisque les Français voient au quotidien que les injustices ne cessent de progresser. Et ce n'est pas le Parti socialiste qui va lutter contre cela puisqu'ils sont les nouveaux conservateurs. Ils incarnent la France de la glaciation.