Il ne vous a pas échappé que nous sommes maintenant proches de l'élection présidentielle. Les syndicats les plus à gauche (en existe-il à droite ?) sont décidés à tout faire pour gêner la vie des Français.
Ceux qui partent aux sports d’hiver, après avoir attendus tellement de temps pour y aller, se voient gêner par une grève, évidemment dans les zones des stations les plus fréquentées. Motif de celle-ci : la SNCF locale n'a obtenu que 6 emplois sur les 12 qu'elle avait demandés. Rappelons qu’il faut, à l’évidence, faire des efforts au niveau de la fonction publique et des emplois publics ! Voilà donc que pour 6 emplois, les Français sont pris en otage !
Nous en avons l’habitude : Air France, la SNCF, d’autres encore. Ces grèves sont non seulement inacceptables, mais en plus politisées. Il est tellement plus simple de se mettre en grève pour faire du chantage vis-à-vis du gouvernement, à l’occasion des élections présidentielles et législatives.
Elles laissent penser que si la gauche venait au pouvoir, tout irait mieux. Elles laissent imaginer que c’est la politique de Nicolas Sarkozy qui, par son côté néfaste, entraîne la nécessité de ces grèves. La France est dans une situation bizarre où le bien public s’efface devant la volonté politique partisane.
Il est vrai que ces syndicats, qui sont les témoins obsolètes et poussiéreux du milieu du 20ème siècle, jouent leur survie. Ils ne représentent en France que 5, 6 voire 7% des employés du secteur privé contre environ 15% des effectifs du secteur public.
Il est temps que le syndicalisme change, qu'il soit un syndicalisme qui propose, qui sache, lors des grandes crises, s’unir avec un gouvernement pour sauver notre pays. Que l'on regarde en Allemagne, en Finlande, au Danemark, en Suède, chaque fois qu’il y a un vrai problème, une vraie difficulté, les syndicats répondent par de vraies propositions et c’est ainsi que ces pays du Nord évoluent vers le 21ème siècle dans la concertation et non pas dans la révolution. Nous avons les syndicats les plus politisés d’Europe et l’on voit dans quel état ils mènent notre pays.
Souvenez-vous, lors de la réforme sur les retraites, de ces manifestations absurdes, incohérentes, intolérables et sans aucune justification. Souvenez-vous des manifestations que l’on voit poindre quasiment à chaque rentrée, les enseignants déclenchant des grèves pour se « dégourdir les jambes » après deux mois de vacances.
Motif de ces grèves ? Personne ne le sait. Grève sur grève, grève au plus mauvais moment, telles sont les actions des syndicats ! Nous entrons donc en campagne électorale. Les syndicats vont jouer leurs cartes néfastes et pousseront à la grève un peu partout, même si ces actions sont dangereuses pour notre pays.
Pr. Bernard DEBRÉ
Ancien Ministre
Député de Paris