Paris, 12 juin (AFP) - Ségolène Royal, invitée lundi soir sur France 2, a violemment mis en cause l'impartialité de la chaîne à propos d'un reportage consacré aux candidats socialistes aux législatives. De son côté, Arlette Chabot, directrice de l'information, estime le reportage "irréprochable".
Ségolène Royal indignée (Voir la séquence en vidéo)
"Permettez-moi de vous dire que le reportage que vous venez de passer est assez scandaleux pour tous les candidats que vous annoncez perdus d'avance, battus d'avance", a dit l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle au présentateur David Pujadas.
"Laissez les électeurs trancher, si vous le voulez bien ! Laissez les députés socialistes se battre entre les deux tours !", a-t-elle encore asséné.
Après un sujet sur la 2ème circonscription de Gironde, où l'UMP Alain Juppé est en ballottage, elle a également reproché à France 2 d'avoir "cité cinq fois" le nom du ministre de l'Ecologie et "pas une fois" celui de sa rivale socialiste Michèle Delaunay.
"On sait comment marche la communication", a-t-elle ajouté.
Dans le reportage mis en cause par Mme Royal, les deux candidats se voient consacrer un temps sensiblement équivalent. Le nom de M. Juppé est cité quatre fois, celui de Mme Delaunay aucune fois. Celle-ci est désignée à deux reprises comme "la candidate socialiste". Son nom est en revanche lisible deux fois.
Mme Royal a ensuite interrompu le journaliste David Pujadas, qui lui faisait observer que le Conseil supérieur de l'audiovisuel encadre les reportages consacrés à la campagne électorale.
"Ne vous défendez pas !", lui a-t-elle lancé: "La réalité est là, et ce journal montre une fois de plus qu'il y a beaucoup d'efforts à faire sur le pluralisme de la presse et le pluralisme politique".
La rédaction de France 2 se défend
"Le sujet (...) était parfaitement irréprochable. Il y avait une égalité de temps d'expression entre les deux candidats", a indiqué Arlette Chabot.
"Lorsqu'une personnalité nationale est en compétition, on s'intéresse d'abord à cette personnalité-là, même si on donne aussi la parole à ses adversaires", a souligné Arlette Chabot, ajoutant que France 2 avait "le sentiment d'être irréprochable".
Quant au présentateur du journal, David Pujadas, il a réaffirmé à l'AFP, comme il l'avait fait à l'antenne, qu'il n'y avait "aucun parti pris" dans le reportage. David Pujadas a précisé qu'il ne l'avait pas vu avant sa diffusion pendant le journal. "On peut toujours discuter sur les modalités, mais l'essentiel était que Mme (Michèle) Delaunay ait la parole", a-t-il dit.
Le présentateur a souligné qu'il n'y avait, selon lui, "rien de désobligeant à dire que quelqu'un est en difficulté", un reproche également formulé par la responsable socialiste.