Le tribunal correctionnel de Paris a relaxé jeudi Philippe Val, directeur de publication de l'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, poursuivi pour avoir publié des caricatures de Mahomet considérées comme injurieuses pour les musulmans
M. Val avait comparu les 7 et 8 février devant la 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée pour l'occasion par Jean-Claude Magendie, en raison des poursuites engagées contre lui par la Grande Mosquée de Paris (GMP) et l'Union des organisations islamiques de France (UOIF).
Ces deux associations, parties civiles, à laquelle s'est jointe la Ligue Islamique mondiale, reprochent au journal d'avoir publié trois caricatures qui, selon elles, constituent une "injure stigmatisant un groupe de personnes à raison de sa religion", délit passible d'une peine maximale de six mois d'emprisonnement et de 22.500 euros d'amende.
Lors de l'audience, la représentante du parquet, Anne de Fontette, a requis la relaxe, à la grande satisfaction de Charlie Hebdo qui, à l'occasion de ce procès qu'il voulait symbolique de la défense de la liberté d'expression, a fait défiler de nombreux témoins à la barre, dont François Bayrou, candidat UDF à la présidence de la République et François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste (PS).
A la surprise générale, le ministre de l'Intérieur et des cultes, candidat UMP à la présidentielle, Nicolas Sarkozy, avait également apporté son soutien au journal, affirmant, dans un courrier lu par l'un des avocats de la défense, Me George Kiejman, préférer "l'excès de caricature à l'absence de caricature".