
POINT DE VUE A Bonn, la réunion préparatoire du sommet sur le climat de Copenhague (1), en décembre prochain, a montré l'étendue des divergences qui perdurent quant à l'approche et aux efforts à faire face au changement climatique en cours.
L'absence de consensus sur les réductions d'émissions de CO2, pour tenter de limiter le réchauffement planétaire dans les limites du supportables, est tel que Yvo de Boer, le secrétaire de la Convention des Nations unies sur le
changement climatique, a estimé qu'un accord à Copenhague lui paraissait "physiquement impossible", avant d'ajouter "Je ne crois pas qu'il soit possible, entre aujourd'hui et la fin de Copenhague, de finaliser tous les détails d'une réponse à long terme au changement climatique pour l'après 2012".
En effet, les Etats-Unis, premiers émetteurs de gaz à effet de serre mondial, ont d'ores et déjà arrêté leur position en la matière avec 17% de réduction d'ici 2020... mais par rapport à 2005, année d'émissions de CO2 record aux USA.
Ramenée à l'année 1990, qui fait référence pour l'ensemble des pays, cette réduction n'est plus que de 7%, quand dans le même temps l'Europe s'engage sur 20% et qu'il faudrait un effort deux fois plus important selon les données des scientifiques (2)...
Outre cette relative absence d'engagement, la position américaine offre une solution aux Etats qui ne souhaitent pas s'engager sur des objectifs trop contraignants.
C'est notamment le cas du Japon qui, le 10 juin, a annoncé un objectif de réduction de ses émissions de 8 % par rapport à 1990.
Au final, si la bataille des chiffres semble engagée, il est indéniable que l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon et le Canada agissent comme s'il n'y avait pas d'urgence climatique, avec comme chef de file les Etats-Unis et l'administration Obama.
On est assurément loin des discours d'une Amérique à la tête des pays œuvrant contre le changement climatique... Pour les Amis de la Terre International, les choses sont d'ailleurs claires, "
L’élection du président Obama a créé un énorme espoir à travers le monde. Malheureusement pour la survie des populations et de la planète, la position de l’administration Obama lors de ces négociations ressemble de plus en plus à celle de Bush".
Pascal Farcy
Le sommet sur le climat de Copenhague (Danemark), doit définir l'après Kyoto,
lequel n'a pas été ratifié par les USA et a vu nombre de pays ne pas tenir leurs engagements (Canada, Australie, etc.). 2- Pour demeurer en deçà d’une augmentation moyenne de 2°C des températures, la première étape de réduction globale des émissions de gaz à effet de serre est de 40% pour les pays industrialisés, d’ici à 2020.