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La réintégration de la France dans le commandement militaire de l’Otan n’est donc pas un renoncement, mais bien le choix de la responsabilité assumée,

Pourquoi OTAN de haine ? 27/05/2009
 
Publié par Nord-Ouest
Le 3 avril dernier, la France a pleinement réintégré le commandement militaire de l’OTAN. Mais, on l’a vu, cela n’a pas été sans causer bien des débats tant à l’hémicycle que dans les médias.
En effet, la question suscite la polémique, au-delà des questions de partisannerie. Elle est historique. La France s’est retirée depuis 1966 du commandement militaire, bien que depuis, tous les présidents successeurs firent le chemin inverse : de Pompidou jusqu’à Chirac, qui ouvra la porte à une réintégration en prenant la décision d’un retour au conseil des ministres et au comité militaire de l’Otan de la France en 1996. Déjà, la France de François Mitterrand conduit un rapprochement pragmatique avec l'Otan, dans laquelle elle se retrouve de plus en plus impliquée avec le conflit en ex-Yougoslavie.
Alors pourquoi ce retrait par le Général de Gaulle ? Il faut se replacer dans le contexte de l’époque : ce fût essentiellement pour préserver une pleine autonomie sur le programme nucléaire naissant, gage de l’indépendance de la France, dans un environnement de guerre froide. Et comme l’écrit D. Vidal dans un article paru dans le Monde diplomatique : « de Gaulle cherchait moins à réformer l’Alliance qu’à redéployer la politique étrangère de la France en toute indépendance ».
2009 n’est pas 1966 : la force de dissuasion nucléaire existe et il paraît évident que nous puissions participer au commandement militaire sans renoncer pour autant à notre souveraineté nucléaire.
De plus, rappelons tout de même que la France est membre de l’Otan depuis 1949 et qu’elle a même exercé plusieurs fois le commandement des forces projetées à l’étranger (Kosovo de 2004 à 2005, Afghanistan en 2004). Mais paradoxe : tout cela sans qu’elle n’ait de poste dans le commandement militaire !
Quels sont les critiques faites à cette éventuelle réintégration ?
« Rien ne justifie à nos yeux une telle décision du président de la République », écrit le PS. Vraiment ? Pourtant, une fois dans le commandement de l’Otan, la France aura toutes ses chances d’élargir ses capacités d’action sur le plan militaire et diplomatique ainsi que les moyens de peser véritablement plus sur les choix stratégiques. Cet apport de la France, dans la diversité de ses interventions, pourra être pris en compte en amont, et dans le déroulement de chaque opération. Comme le souligne, Michèle Alliot-Marie, ancien Ministre de la Défense, « nos responsabilités seront davantage en conformité avec la réalité des moyens militaires que nous déployons ».
Dominique de Villepin a cependant fait sous-entendre que si la France était dans le commandement militaire de l’OTAN, elle serait certainement intervenue en Irak. Il est en effet difficile de comprendre cette position, puisque que l’Allemagne, bien qu’intégrée dans le commandement, a tout de même refusé fermement d’engager une action militaire. De plus, l’Otan prend ses décisions à l’unanimité. En aucun cas, la France ne saurait être obligée de participer à une opération contre son gré et le renforcement du contrôle parlementaire sur l’engagement de troupes en opérations constitue désormais une garantie supplémentaire.
Enfin, François Bayrou prend cette décision comme « une défaite pour l’Europe ». Au contraire, N. Sarkozy, dans les conditions émises à une réintégration de la France, la reconnaissance de la Défense européenne comme pilier de l’Alliance y figure. L’Europe de la Défense, bien réelle (au Tchad, au large de la Somalie contre la piraterie,…), n’est nullement contradictoire avec l’OTAN. Une vraie complémentarité est possible, dans la mesure où presque toutes les nations européennes de l’Otan se retrouvent au sein de l’Union Européenne. Mieux, les réticences de certains pays à intégrer la PESD seront d’autant plus faciles à surmonter qu’ils auront l’assurance que celle-ci n’est en aucun cas une opposition à l’Otan. Le président de la République a d’ailleurs aussi fixé comme condition la reconnaissance de l’européanisation de l’Alliance, qui passe par l’attribution de grands commandements.
A une vision manichéenne erronée entre OTAN/PESD, il convient donc de préférer l’approfondissement d’une entente sans cesse plus étroite. La réintégration de la France dans le commandement militaire de l’Otan n’est donc pas un renoncement, mais bien le choix de la responsabilité assumée, en ce début de XXIème siècle. Ainsi, sur le court terme, cette réintégration a le mérité d’être teinté de pragmatisme dans un monde en proie à de nombreuses menaces. Avec une PESD qui se développe rapidement, l’Europe bénéficie d’un soutien de premier plan avec l’Otan. Et en même temps, sur le long terme, cette dualité n’empêche en rien l’émergence future d’une défense européenne forte et crédible, quand les peuples européens se sentiront prêts à assumer pleinement le rôle de puissance militaire dévouée à l’UE.
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