Après celles des émeutes dans les banlieues, des images de la France à feu et à sang recommencent à faire le tour du monde. Après le conflit quasi ethnique, voici venu le temps du conflit générationnel. Après le FN au second tour de la présidentielle et le rejet de la Constitution européenne, la France brille par ses excès.
Des excès, à l’évidence, symptômes d’une maladie - plus grave que l’idée d’un long déclin - qui prend racine dans la faiblesse de notre vie politique.
Dominique de VILLEPIN aurait-il manqué de savoir-faire ? Pas certain, car d’autres méthodes n’ont pas été plus concluantes. De fait, la réforme sans heurt semble aujourd’hui difficile tant le débat en amont s’avère impossible, faute d’interlocuteurs en capacité de faire des propositions. Cette absence de projet de l’opposition entraîne, par défaut, les pires situations de blocage. Incapable d’offrir une alternative au CPE, la gauche, dans son ensemble, préfère ainsi le conflit. Un cache-misère pour masquer son incapacité à fournir le moindre "plan B". Méthode dont elle a certes abusé récemment mais qui constitue un minimum en démocratie.
On a tout dit de cette incapacité mais elle atteint aujourd’hui un niveau inquiétant pour la gauche à un an de la présidentielle. "Chut ! On réfléchit", semble dire le PS. Comme si la question du chômage en général - et celle des jeunes en particulier - venait d’apparaître. Engluée dans le diagnostic, l’opposition s’oppose dans la rue et s’absente du débat dès qu’il faut passer au chapitre des propositions. Face au marasme des idées à gauche et à l’usure du pouvoir de la majorité, c’est l’extrême-droite qui pourrait bien faire sa pelote de cette situation. Et Nicolas SARKOZY aura beau jeu d’apparaître comme un recours.
Décidément une semaine très politique.
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