François HOLLANDE, en conclusion du congrès de la synthèse, a déclaré : "alors le plus dur commence"... Le futur nouveau premier secrétaire du PS sait de quoi il parle ! Même s’il sort vainqueur de ce congrès et qu’il a démontré sa qualité à gérer l’interne avec succès, son parti reste accaparé par les guerres de motions et la gestion de l’ego de ses présidentiables. Le PS a manqué ce week-end une occasion historique de parler à ses électeurs. Incapable de réussir la synthèse sur ce sujet, le parti socialiste n’a pas su adresser un message de circonstances aux Français en général, aux habitants des banlieues en particulier ainsi qu’aux 80 % de la population française généralement désignée sous le terme de classe moyenne - celle qui, selon les experts électoraux, décide d’un destin présidentiel. Absents pendant la crise comme Laurent FABIUS, indécis comme François HOLLANDE, les leaders du PS ont réussi à se séparer dimanche soir, contents d’avoir évité le pire mais sans un mot à destination de ceux qui ont, eux, connu le pire pendant des semaines et qui redoutent tant l’avenir. Ce qui fait penser que, comme en 2002, la présidentielle de 2007 se jouera, d’une certaine façon, sous le signe de la peur.
Une peur qui bénéficie principalement à Nicolas SARKOZY. Une belle opération pour le leader de l’UMP qui a réussi, dans une stratégie qui rappelle Ariel SHARON sur l’esplanade des Mosquées, à se faire reconnaître comme le recours face à des troubles dont il est pour partie à l’origine. Cette opération lui ouvre de nouveaux horizons à gauche auprès d’un électorat face auquel le PS n’ose toujours pas assumer le discours du rétablissement de l’autorité. Habile en matière "d’ouverture" sur des sujets comme le vote des étrangers ou la double peine, Nicolas SARKOZY légitime ainsi son discours sécuritaire et renforce son image d’homme salutaire.
Décidément une semaine très politique
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