Un habitant de Puteaux, Promouvoir la gestion de la ville de Puteaux par l'équipe municipale dirigée par Joëlle CECCALDI-RAYNAUD. Le WebMaster et ami: Philippe Coudeyrat
QUELQUE 700 CADRES de l'UMP se sont retrouvés samedi à Paris à l'hôtel Méridien et à huis clos. Loin des journalistes, les cadres ont été briefés sur les nombreux changements en vue à l'intérieur de leur parti : site Internet dernier cri, projets de nouvelles campagnes d'adhérents pour atteindre l'objectif «des 200 000» avant la fin de l'année, et réforme probable des statuts du parti. Des ministres du gouvernement, seuls Michèle Alliot-Marie, Brice Hortefeux et François Baroin étaient là. La première avait troqué ses étoiles de ministre de la Défense pour ses habits de présidente de la fédération départementale des Pyrénées-Atlantiques. Le second était présent en qualité de conseiller politique, au même titre que Patrick Devedjian et François Fillon.
Secrétaires et présidents des fédérations départementales, délégués de circonscriptions et trésoriers des fédérations étaient venus en rangs serrés pour jauger le président de l'UMP, en ce début d'automne, et alors que l'étoile de Dominique de Villepin semble ne pas vouloir pâlir. Selon l'un d'entre eux, «la réunion était moins tendue que le 11 juin dernier, quand Villepin avait été invité par Sarkozy. Cette fois-ci, Sarkozy n'a pas fait de rentre-dedans. Il y avait moins de petites phrases et plus de recul».
Le président de l'UMP a notamment défendu son projet de primaires pour désigner le prochain candidat de l'UMP à l'élection présidentielle. L'idée étant de soumettre au vote des adhérents du parti la désignation du prochain candidat. «Dans tous vos déjeuners du dimanche, vous pourrez parler de la présidentielle au lieu de vous fâcher sur vos histoires de famille», a ironisé Nicolas Sarkozy pour mettre la salle de son côté. Reste que certains cadres se disent encore mal à l'aise, tel ce secrétaire départemental qui décrit ainsi son embarras : «Nous ne voulons qu'un seul candidat, mais des élections par des militants, ça mérite réflexion. On sait comment elles se passent.» L'entourage de Nicolas Sarkozy se dit «conscient que certains peuvent être gênés», mais souligne qu'il n'y a pas eu, samedi, de critiques fortes sur ce point.
Le ministre de la Recherche, François Goulard, qui s'est beaucoup rapproché de Dominique de Villepin, vole au secours de cadres trop timides selon lui, et affirme que de «nombreux cadres s'émeuvent en privé de cette évolution». Il s'en prend en particulier à la méthode des primaires : «A Paris comme pour la présidentielle, c'est une bêtise absolue. Le principe généralisé que les investitures dépendent des militants n'est pas du tout dans les moeurs de la droite. Pour beaucoup d'hommes de droite, le parti n'est pas la vérité ultime, il n'est pas l'avant-garde de la classe bourgeoise, comme l'on disait du Parti communiste qu'il était l'avant-garde de la classe ouvrière.» Selon François Goulard, «le vote des militants, c'est la meilleure manière de désigner le pire candidat». Samedi, les cadres de l'UMP ont pourtant gardé pour eux leurs objections. Et ils ont applaudi, debout, leur président.
Editorial paru dans le Figaro du 18/10/2005